warning

Les œuvres de la série Warning ont été initiées en mars 2011 lors d'une résidence au Mas d'Azil en Ariège (Caza d'oro résidences d'artistes).

Cette résidence s'inscrivait dans un projet euro-régional réunissant artistes et scientifiques sur la question du réchauffement climatique et son impact sur l'évolution des paysages. Les œuvres produites dans ce cadre ont évolué en fonction des contextes d'exposition et des évènements climatiques.

 

A partir de 2019, sous l'effet des canicules à répétition et des méga-feux qui ont ravagé de nombreux pays dans le monde, j'ai concentré mes recherches sur le feu, son impact sur le vivant et le devenir des espèces. Le changement de régime des nouveaux incendies, pointé récemment par de nombreux scientifiques, est assez préoccupant car pour la première fois de son histoire l'homme est peut être en train de perdre le contrôle du feu.

Les œuvres de la série "Pyroscène" ont été produites en réaction aux drames climatiques de 2019 et en particulier aux mégas-incendies¹. Elles expriment mon inquiétude face à l’accroissement des catastrophes écologiques et à l’inconséquence (voire au négationnisme) des gouvernements. Elles témoignent des menaces qui pèsent sur la survie des espèces.

 

1 - Ces incendies hors-norme sont nourris par le réchauffement climatique et l’accélèrent en retour. Le feu a changé de nature, il est devenu incontrôlable et modifie le climat sur le long terme. Pour la philosophe et géographe Joëlle Zask « nous ne vivons plus seulement dans l’anthropocène mais dans le pyrocène » (Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique, Premier Parallèle , 2019).

pyroscène

Tranché-grillé , 2019-2020, tranches d'arbres brûlées, grillages, tablette numérique et images vidéos, 230x420x 5cm.

Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes Mas d'Azil, Cercle Rigaud, Musée d'art Hyacinthe Rigaud Perpignan

 

Tranché-grillé, 2019-2020, (détails)

Brûlage en effigie de tranches d'arbres récupérées dans une scierie: acte performatif réalisé dans mon jardin-atelier à l'aide d'un gril monumental installé spécifiquement et animé par une sorte de rage, de pulsion; comme un rituel expiatoire. Mettre le feu au risque d’en perdre le contrôle et de voir disparaître mon objet-sujet de travail : l’arbre et sa figure.

Une exécution en effigie pour rappeler à la conscience la violence et la gravité des méga-incendies.

© vidéo Nathalie Vanic

Plaqué-grillé, 2019, dessins à la mine de plomb et aquarelle repris en impression laser sur papier 180g, bois contreplaqué grillé, 68x131cm.

Avec le soutien du Cercle Rigaud et Musée d'art Hyacinthe Rigaud Perpignan

 

Le feu (ou la chaleur excessive) est ce qui réunit les 6 dessins et les 3 fragments de contreplaqué brulés. Les dessins réalisés en Normandie durant l'été 2019 montrent des arbres portant, à différents degrés, les stigmates du feu ou des canicules répétées.

Plaqué-grillé, détail d'un dessin à la mine de plomb et aquarelle sur papier 180g, 2019, 21x29,7cm.

Seul dessin polychrome de la série. Il s'agit d'un arbre à loques (arbre votif). C'est un chêne millénaire classé monument historique depuis 1943 et qui a été brulé accidentellement. La couleur vient rappeler son caractère singulier (arbre guérisseur) et sacré.

Plaqué-grillé, détail dessin à la mine de plomb sur papier 180g, marronnier multicentenaire étayé, feuillage grillé par les canicules, parc de l’Abbaye de Jumièges, Normandie, 2019, 21x30cm

Plaqué-grillé, détail dessin à la mine de plomb, frêne et châtaignier échaudés, Saint Céneri, Normandie, 2019, 21x30cm

eau feu

Réalisées de 2011 à 2016, les œuvres de la série "eau feu" expriment une tension entre 2 polarités,  2 éléments antagonistes :  l'eau et le feu.

Ces 2 éléments stigmatisent pour moi une partie des enjeux et des risques encourus par l'homme à l'ère de l'anthropocène et du réchauffement général de la planète : augmentation de la fréquence des sècheresses et des incendies d'une part, violence des précipitations et raréfaction de l'eau d'autre part.

La structure des installations renvoi autant à l'idée de la chute de l'eau, de la cascade qu'à la fluidité des flammes.

Pour l'eau : images d'eau ruisselante, tuyaux de conduction

Pour le feu :  images de feux, bois séché ou brûlé, gaines électriques

Cascade 1, 2011-2016, images photographiques de milieux humides et de feux marouflées sur tranches d'arbres, grillages, bois brulé, gaines, tuyau, rail métallique, tube acier, 270x210x60cm.

Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes Mas d'Azil.


Fontaine 1, 2016, tranches d'arbres, adhésifs, gaines, tuyaux, bac plastique, eau, pompe électrique, 160x60x35cm. Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes, Mas d'Azil.



Fragments d'une forêt, 2015-2016, fragments d'arbres, bois brulé, adhésifs, gaines, grillages, fil de fer, rails, écrans numériques, séquences vidéo simultanées de cascades et de brûlis dirigés,

dimensions variables. Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes, Mas d'Azil.




Sans titre, 2012, images photographiques d'un lac de retenue marouflées sur planches de bois, films adhésifs, 150x180x30cm. Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes, Mas d'Azil.


Sans titre, 2013, images photographiques de cascade et de feu marouflées sur tranches d'arbres, tranches d'arbres brûlées, matériel de perfusion, bac inox, 150x180x9cm.

Avec le soutien de Caza dOro résidences d'artistes, Mas d'Azil.

Les œuvres vidéos qui suivent sont nées aussi au cours de la résidence au Mas d'Azil dans l'Ariège en mars 2011. Elles sont la conséquence de la présence palpable de l'eau et du feu (ou de la sècheresse) sur le territoire du Mas d'Azil durant cette période.

Mais pour moi mars 2011  c'est surtout la catastrophe de Fukushima et ce duel des éléments "eau" et "feu" dans les réacteurs nucléaires en fusion.

Immersions, 2012, installation vidéo volumétrique, 3 vidéoprojecteurs, séquences vidéos simultanées de cascades et de brûlis dirigés, son spatialisé, 300x300x700cm, Mas Saint Jacques, Bompas.


Chutes, 2011, installation vidéo volumétrique, 2 vidéoprojecteurs, séquences vidéos simultanées de cascades et de brûlis dirigés, son spatialisé, 1200x300x200cm, cage d'escalier du Centre Multi Media, Le Mas d'Azil. Avec le soutien de Caza d'Oro résidences d'artistes, Mas d'Azil.


H2Ommage, 2011, projection vidéo d'un milieu humide sur paroi de pierres brutes, son spatialisé, 250x200x20cm, Centre Multimedia, Le Mas d'Azil.