autofigurations

« L’autoportrait présente un potentiel sans commencement ni fin. Celui qui signe à la fin de l’œuvre de son visage, c’est l’artiste en travail aux fenêtres de l’art, travaillé par son travail. Capture après capture, il devient. »
Mireille Calle-Gruber, Philippe Domergue Images de la capture, 2020

Ces autoportraits commencés dans les années 1990 expriment les questionnements de l'artiste sur son rapport à l'image, aux cadres, aux matériaux.

La question de la matérialité de l'image et de ses supports est récurrente dans le travail de Philippe Domergue. Sa pratique critique de l'image s'inscrit tout à la fois en continuité et en opposition au mouvement Supports/Surfaces qui a marqué sa période d'études à l’École Supérieure d'Art de Perpignan.


autoportraits aux fenêtres

Dans cette série autoportraits aux fenêtres, pour réduire la limite entre son corps, le corps physique des images et celui des fenêtres, l'artiste s'est mis en scène dans le cadre même de la fenêtre, déclenché la prise de vue à distance et incrusté l'image à taille réelle dans le vitrage.

 

Autoportrait dendromorphe, 2015-2019, vieilles fenêtres, impressions laser marouflées sur dos de vitrages, bois flotté, métaux, 140x250x35cm.

 

Dans ce triptyque l'artiste se représente en symbiose avec des éléments qui lui sont familiers : fenêtres, pièces de bois, métaux récupérés... Son corps et son mental sont à l’œuvre dans une dialectique féconde. Le corps voudrait renouer avec la nature matricielle, là où le mental tente de contrôler en posant cadres et grilles.




Autoportrait aux bambous, 2015-2019, vieilles fenêtres, images photographiques marouflées sur dos de vitrage, 210x80x15cm.

face à face

La pratique de l’autoportrait correspond à des changements importants dans le parcours de vie de l'artiste (décès de proches, voyages, paternité) qui l’ont amené à créer des situations de face à face avec lui-même pour interroger son rapport au monde, au temps, aux cadres (institutionnels, sociaux, familiaux).

Autoportraits sur papier froissé,  2019, dessin à la mine de plomb et crayons rehaussé de blanc sur papier récupéré, adhésifs, 112x83cm.

 

Ces autoportraits ont été réalisés dans le contexte de 2 expositions successives au Musée d’art Hyacinthe Rigaud de Perpignan : expo personnelle en 2019, collective en 2020. C’est une confrontation en même temps qu’un hommage au grand portraitiste Hyacinthe Rigaud.

C'est aussi un nouveau face à face avec lui-même à un moment où les catastrophes écologiques de plus en plus fréquentes l’affectent (mégas incendies de l'été 2019 en particulier).

Autoportrait photo-graphique, 1987-2019, dessin sur image photographique marouflé sur tôle d'acier, 63x87x4cm.

 

Cet autoportrait cumule 2 temporalités sur une même image. Il s’agit d’un portrait photographique de 1987 sur lequel l’artiste a redessiné son visage en 2019. L’image hybride obtenue est marouflée sur une tôle de métal vieillie naturellement dans son jardin pendant des dizaines d’années. La géographie de la tôle (plis, déformations, pigmentation de la rouille) se conjugue avec la texture de la peau et l'histoire du visage.

Autoportrait au capot,  1987-2019, capot de voiture rouillé découpé au chalumeau, fil de fer, grille, tirage photo argentique, 95x105x10cm.


Autoportraits composites, 1988, techniques mixtes sur papier kraft et journal, peinture fluo, dessin au stylo feutre, cheveux et fragments de photos collés, 40x60x0,8cm.


Autoportrait aux jets d'encre, 1987, encre sur papier, 80x100cm


Mautoportrait, 1988-2016, couronne de transmission de moto, impression jet d'encre sur papier photo satiné, 18x1cm.


Autoportrait avec lunettes, 1986, gouache et acrylique sur papier, 93x80cm.


Sans titre, 1986, dessin et monotype à l'encre sur papier, 120x80cm.