mémoires

retirada 1939>2009

 "Honorer la mémoire des anonymes est une tâche plus ardue qu'honorer celles des gens célèbres."

Walter Benjamin

 

 

La série "MEMORIAL Retirada" (réalisée entre 2009 et 2013) est une réappropriation plastique des photographies prises par Manuel Moros lors de La Retirada* en 1939. En découvrant ces photographies en 2008, j'ai ressenti le besoin de perpétuer la mémoire de ce drame. J'ai voulu donner à ces photos une dimension architecturale, monumentale. J'ai voulu bâtir des images "durables", capables de résister au temps et à l'oubli.

* La Retirada : exil des républicains espagnols fuyant la dictature franquiste en 1939.

Expositions "MEMORIAL Retirada" : La Poudrière Perpignan, 2009 / IUFM Montpellier, 2011 / MUME Musée Mémorial de l'Exil, La Jonquera Catalogne-Espagne, 2013.

MEMORIAL Retirada 1, images photographiques marouflées sur planches de bois brut, ossature bois, planche vieillie, 200x585x40cm.

 


MEMORIAL Retirada 2, images photographiques et papier marouflés sur planches de bois brut, ossature bois, 360x290x40cm.

 


MEMORIALRetirada 3, images photographiques marouflées sur planches de bois brut, 200x500x40cm.

 


fulgurations

 

"Une image dialectique est ce en quoi l'Autrefois rencontre le Maintenant, dans un éclair, pour former une constellation". Walter Benjamin

 

Fulgurations  est un travail  mené avec le sociologue Eric Villagordo. Il s'agit d'une installation vidéo sur l'Exil en tant que phénomène récurrent, drame historique perpétuel.

Des séquences filmiques d'exils sont projetées sur un ensemble d'écrans séparés disposés en stèles et adaptables à différentes configurations d'espace. Ces extraits de films montrent des exils parfois très éloignés géographiquement et historiquement (Retirada, Rwanda, Syrie...). La perception simultanée des séquences qui montrent pourtant des évènements séparés dans l'espace et dans le temps, renvoie à la notion de constellation. Pas de "grand écran" unificateur et monumental mais un support morcellé en un grand nombre d'éléments verticaux, éclatés, en bribes, comme la mémoire des exilés, comme ces notes minuscules et fragmentaires des écrits de Walter Benjamin.

 

Projet lauréat Bourse d'Aide à la Création du Ministère de la Culture, DRAC Languedoc-Roussillon, 2011

 

Fulgurations 1,

plaques d'aluminium composite, images vidéo, vidéoprojecteurs, ordinateur, dimensions variables, 2011.

Vidéo O. Moulaï


Fulgurations 2,

plaques de plexiglas, images vidéo, vidéoprojecteurs, dispositif et dimensions variables, 2013.

 

retirada 1939>1999

 

Du sable, du sable, du sable,

Des barbelés sur la plage.

La mer comme une amande verte

Montre sa bouche amère.

(...)

Manolo Valente

Poète, interné aux camps d'Argelès, du Barcarès et de Bram.

 

 

 

Création visuelle in situ pour le 60ème anniversaire de la Retirada, El Mediator, Perpignan, mars 1999.

Commande du Mediator -Scène conventionnée pour les arts croisés- dans le cadre de l'évènement "1939>1999 Retirada Paroles d'artistes".

Sans titre,

installation photo volumétrique : images photographiques issues d’archives marouflées sur parois murales et mobilier.

Espace accueil-billeterie du Mediator, Perpignan, 1999.

 

argentine enfants disparus

 

 « Pendant la dictature argentine (1975-1983), la pratique des bébés volés fut érigée en système : la junte enlevait et séquestrait des femmes enceintes puis, après l’accouchement, les tuait et s’appropriait leurs enfants, considérés comme « butin de guerre ». Les nouveaux nés étaient ensuite confiés à des familles idéologiquement proches du régime.

 Longtemps les parentes des disparues, réunies dans l’association des Grands-mères de la place de Mai, ont lutté seules, dans l’ombre, pour réunir des preuves et tenter de retrouver leurs petits-enfants. Il a fallu attendre 2012 pour que s’ouvre enfin un procès historique pour « vol de bébés, plan systématique d’Etat et crimes contre l’humanité », mettant en cause deux anciens présidents (...). »  

Hélène Marzolf  - Argentine, les bébés volés de la dictature - Télérama 13/03/2013

 

 

 

Création visuelle pour et dans l'espace urbain, Perpignan, octobre 1988.

Manifestation de soutien pour les « Mères de la place de Mai »

Mon intervention consistait à exposer dans la ville des agrandissements en photocopie de portraits photographiques d’enfants disparus (volés par la dictature) pour les rappeler à la mémoire collective. 

Au cours du processus de copies successives l’érosion des images produisait la disparition des visages. Paradoxalement plus j’augmentais leur taille, plus ils paraissaient diminués, effacés ou distants.

Argentine enfants disparus - étude 1,
photocopies en chaîne découpées et collées sur papier, 30x40cm, 1988

Portrait de Monica,

photocopie sur papier, 70x100cm, 1988


Dans un autre travail, je réduisais les portraits d’enfants à un format <1cm, soit aproximativement le format des points de trame d’une image de Mère fortement agrandie (3m x4m).

Lors de la manifestation je découpais et collais ces portraits réduits à l'état de points, à la place des points de trame, directement sur l'affiche, . Ils n’étaient perceptibles que si l’on se rapprochait suffisamment du portrait de la Mère.

De près, dans la structure de l'image, des visages d’enfants. De loin l'image de la Mère seule, criant ses enfants disparus. La disparition optique comme métaphore de la disparition physique.

Argentine enfants disparus - étude 2, 

photoréduction, collage sur papier, 20x30cm, 1988


Argentine enfants disparus - étude 3, 

photoréductions, collage sur papier, 20x30cm, 1988


Argentine enfants disparus - étude 4, 

photoréductions, collage sur papier, 40x60cm, 1988


Madre y ninos,

photocopie sur papier, collage de microportraits,

300x400cm, 1988

 
 

Document photo de l'intervention publique, découpe et collage des portraits d’enfants sur celui de la Mère (panneau Giraudy). 

Manifestation en soutien aux Mères de la place de Mai, Perpignan, 1988.